Ce n’était pas juste pour les yeux : le son ambiant et l’odeur des aiguilles faisaient aussi partie du voyage. Objectif ? Reproduire les bienfaits du « Shinrin Yoku », ou bain de forêt japonais, dans un casque VR. Et les effets ne se sont pas fait attendre.
Les chercheurs ont comparé plusieurs types d’exposition : vision seule, son seul, odeur seule, ou les trois combinés. Avant l’expérience, chaque participant a été volontairement exposé à des images stressantes pour mesurer l’impact réel de la simulation. Résultat : les personnes exposées à la combinaison visuelle, auditive et olfactive ont ressenti une amélioration marquée de leur humeur. Cette configuration a aussi renforcé leur sentiment de connexion à la nature. « Même dans un environnement artificiel, les émotions réagissent à la nature », résume Leonie Ascone.

Des effets mesurables jusque dans la mémoire de travail
Outre les effets apaisants, les chercheurs ont constaté une légère amélioration de la mémoire de travail. Cette fonction cognitive permet de traiter rapidement des informations dans un court laps de temps. Elle est essentielle dans nos tâches quotidiennes : planification, calcul mental, compréhension immédiate. L’exposition combinée aux sons, images et odeurs semble donc agir au-delà de l’émotion, en influençant certaines performances cognitives de base. Ces résultats restent partiels, mais ouvrent des pistes prometteuses.
Cette approche ne vise pas à remplacer les arbres, les vrais. Elle répond à un besoin croissant : accéder aux bienfaits de la nature dans les espaces qui en manquent cruellement. Hôpitaux, centres urbains, open spaces… Ces lieux ne permettent souvent pas de pauses naturelles. « Les images, les sons et les odeurs de la forêt peuvent enrichir ces espaces », explique Simone Kühn. Elle dirige le Centre de neurosciences environnementales à l’Institut Max Planck et croit en l’impact du paysage sur le mental humain.
Un soutien émotionnel dans les contextes de stress quotidien
Les chercheurs rappellent que ces effets doivent encore être étudiés sur de plus vastes échantillons. Les réactions peuvent varier selon les cultures, les souvenirs personnels liés à la forêt ou encore l’habituation au numérique. Mais un fait reste constant : quand plusieurs sens sont sollicités, le cerveau semble plus réceptif. Le bain de forêt en VR pourrait donc devenir un outil de mieux-être discret, efficace et accessible, surtout dans des environnements qui manquent cruellement de nature tangible.

« Ce n’est pas la nature réelle, mais cela agit tout de même sur nos émotions », souligne Ascone. Grâce à ces expériences multisensorielles, notre cerveau active des circuits proches de ceux utilisés face à un paysage réel. En d’autres termes, l’illusion est suffisamment forte pour nous faire respirer, ralentir et nous reconnecter. Et si ce n’était pas un substitut, mais un nouveau complément au vivant ? Un petit miracle scientifique pour reconnecter l’humain… même sans sortir.
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