Ray-Ban Meta fait bondir le chiffre d’affaires, mais Reality Labs accumule toujours des pertes colossales sur le marché des casques Quest.
Meta a enregistré une hausse de 5 % du chiffre d’affaires de sa division Reality Labs au deuxième trimestre 2025. Cette performance repose avant tout sur les ventes florissantes des lunettes Ray-Ban Meta. Susan Li, directrice financière, a précisé que « l’augmentation des ventes de lunettes IA a partiellement compensé la baisse de Quest ». Cette phrase résume bien la dynamique actuelle : les lunettes séduisent, les casques peinent.
Pourtant, cette croissance reste modeste au regard des investissements consentis. Le chiffre d’affaires s’élève à 370 millions de dollars, contre 353 millions un an plus tôt.

Une demande qui dépasse encore l’offre
Meta semble avoir sous-estimé le succès des Ray-Ban Meta, dont la popularité dépasse les attentes internes. « Nous travaillons à augmenter l’offre pour mieux répondre à la demande », a expliqué Li. De son côté, EssilorLuxottica, le partenaire franco-italien de Meta, affirme que les ventes ont triplé en un an.
Son PDG parle d’une performance « exceptionnelle », portée par l’attractivité de la marque Ray-Ban et par une demande constante. Ce succès inattendu a conduit à la prolongation du partenariat entre les deux groupes pour dix ans, avec à la clé de nouveaux modèles à venir.
La guerre des lunettes connectées s’accélère
Parmi les nouveautés en approche, les Oakley Meta HSTN en édition limitée ont commencé à être expédiées. D’autres modèles comme les Oakley Meta Sphaera sont attendus plus tard cette année, avec caméra frontale centrée.
Parallèlement, Meta développe aussi ses propres lunettes sans partenariat. Baptisées Meta Celeste selon des fuites, ces lunettes haut de gamme devraient intégrer un HUD monoculaire et un bracelet sEMG pour le contrôle gestuel.
Leur prix dépasserait les 1 000 dollars. Cette stratégie vise une clientèle différente de celle des Ray-Ban Meta, dont le succès repose aussi sur un prix accessible.
Pendant ce temps, la gamme Quest traverse une période difficile. Pour le deuxième trimestre consécutif, les ventes sont en baisse d’une année à l’autre. Ce recul ne semble pas lié à une pression extérieure, ce qui rend la situation plus préoccupante. Le casque Quest 3S a connu un excellent lancement pendant les fêtes, mais n’a pas su maintenir l’élan face au succès prolongé des Ray-Ban Meta.
Il apparaît désormais comme un excellent cadeau ponctuel, mais peu attrayant pour un achat personnel plus tard. Meta en tire des leçons et ajuste déjà sa feuille de route, en annulant des projets pour 2026 et en accélérant le développement d’un casque plus léger et modulaire.

Zuckerberg veut encore croire au potentiel du Quest
Malgré les chiffres décevants, Mark Zuckerberg conserve une vision à long terme. « Les gens passent de plus en plus de temps avec notre écosystème Quest », a-t-il déclaré. Il insiste sur le fait que « la communauté continue de croître », même si les ventes ne suivent pas.
Ces propos traduisent une volonté de maintenir l’écosystème vivant, sans se focaliser uniquement sur les volumes. Mais la réalité financière est lourde : malgré un chiffre d’affaires de 370 millions de dollars, Reality Labs a dépensé 4,9 milliards ce trimestre. Il a enregistré une perte nette de 4,53 milliards. Meta parle d’investissement à long terme, mais la rentabilité semble encore lointaine.
Plus de 50 % des dépenses de Reality Labs en 2022 concernaient déjà la recherche en réalité augmentée. Ce chiffre n’a pas diminué et Meta annonce de nouvelles pertes prévues en 2025. Susan Li l’avait déjà dit : « Nous faisons de gros paris sur les produits ».
Cette approche illustre une stratégie fondée sur la persévérance. Zuckerberg parle même de décennies avant de rentabiliser le métavers. À court terme, les lunettes restent la priorité. Le Quest, lui, semble devoir attendre un second souffle, peut-être grâce au futur modèle plus léger.

Et maintenant ? Une bataille entre usages, prix et image
Les prochaines lunettes Ray-Ban et Oakley pourraient changer la donne. Mais Meta Celeste, avec son tarif élevé, devra convaincre une autre cible. La vraie question reste donc : les consommateurs sont-ils prêts à investir plus de 1 000 dollars dans ce type de produit ? Ou le succès tient-il justement au prix contenu des modèles actuels ?
Meta explore plusieurs chemins et teste les limites du marché. Les résultats du prochain trimestre permettront d’observer si cette stratégie commence à porter ses fruits, ou si le déclin du Quest s’installe durablement.
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