Le studio américain Schell Games a confirmé la suppression d’environ 40 % de ses effectifs. C’est sa deuxième vague de licenciements de l’année, après une première en août qui avait déjà marqué l’histoire de la maison.
Pendant plus de vingt ans, ce studio vétéran de Pittsburgh a fait figure d’exception dans la réalité virtuelle : des succès à répétition, aucun plan social. Cette série s’arrête net. L’annonce est tombée un samedi sur LinkedIn, dans un communiqué sobre, sans détour sur la douleur de la décision. Elle dit surtout une chose : même une équipe réputée, avec des licences solides, ne tient plus face à la pression qui pèse sur l’industrie de la VR. Reste à comprendre ce que contient exactement cette restructuration.
Schell Games annonce 40 % de licenciements : ce que dit le studio
Dans son message publié sur LinkedIn, l’entreprise explique que le contexte actuel du jeu vidéo l’a poussée à se séparer d’un nombre important de collaborateurs afin de garantir un avenir durable. Elle reconnaît que la mesure doit lui permettre de rester stable, mais qu’elle est « incroyablement douloureuse », puisqu’elle perd des profils de grande qualité.
Le PDG, Jesse Schell, a ensuite précisé l’ampleur du coup de rabot : environ 40 % du studio est concerné. C’est cette déclaration qui fixe l’ordre de grandeur, le communiqué initial restant volontairement vague sur le chiffre.
Ce plan vise explicitement la survie de l’entreprise. Il ne s’agit pas d’un ajustement à la marge, mais d’une réduction qui change la taille et sans doute l’ambition des projets que le studio pourra mener en parallèle.

Réduction des effectifs : combien de salariés sont partis ?
Le studio n’a pas communiqué de nombre officiel de personnes touchées. Les chiffres disponibles reposent donc sur un calcul. En août, lors de la première vague, qui avait fait disparaître environ 10 % des postes, Jesse Schell indiquait qu’il restait à peu près 125 employés.
Si 40 % de l’équipe est aujourd’hui concernée, cela correspond à une cinquantaine de départs, ce qui ramènerait le studio autour de 75 personnes. Certains comptes rendus avancent le chiffre précis de 49 salariés, mais il s’agit d’une estimation qui n’a pas fait l’objet d’une publication détaillée par l’entreprise.
Mises bout à bout, les deux vagues représentent une perte considérable en quelques mois seulement. Le studio, qui n’avait jamais licencié depuis ses débuts en 2002, a donc coupé dans ses rangs deux fois en un laps de temps très court.
Cette chronologie rapprochée explique le ton du message : la première réduction n’avait manifestement pas suffi à rétablir l’équilibre financier.
Quels métiers touchés chez ce studio vétéran de la réalité virtuelle
La coupe n’a pas épargné un seul pan du studio. Les postes supprimés couvrent la production comme le soutien : ingénieurs Unity et Unreal Engine, artistes, game designers, sound designers, producteurs, spécialistes du marketing, support informatique, chercheurs en jeux éducatifs, testeurs QA et product managers.
La présence des chercheurs en jeux éducatifs rappelle que Schell Games ne vit pas uniquement de ses titres grand public. Le studio a aussi bâti son modèle sur des projets sur commande et des productions à vocation pédagogique, un pan d’activité qui dépend de budgets clients, eux aussi sous tension.
Quand tous les corps de métier sont touchés simultanément, la restructuration ne vise pas un projet raté en particulier : elle redimensionne l’ensemble de l’organisation.

I Expect You to Die, Among Us 3D : le catalogue du studio
Pour le grand public, Schell Games reste d’abord associé à la trilogie I Expect You to Die, ces énigmes d’espionnage où l’on résout chaque situation avec ses mains, souvent dans l’urgence. On lui doit aussi Among Us 3D, anciennement Among Us VR, rebaptisé après l’ajout d’une prise en charge sur écran classique.
Le catalogue ne s’arrête pas là. Le studio a signé Until You Fall, un hack-and-slash de type rogue-like, Silent Slayer: Vault of the Vampire, un jeu d’énigmes à l’ambiance horrifique, et Project Freefall, un jeu de fête gratuit jouable en VR comme sur écran.
Cette diversité montre une équipe qui a cherché à élargir son public bien au-delà des seuls possesseurs de casques. Elle n’a pourtant pas suffi à mettre le studio à l’abri.
Autre signe de la fragilité du secteur : ces licenciements s’inscrivent dans une série de fermetures et de réductions d’équipes qui touche de nombreux développeurs VR reconnus, y compris ceux qui ont des succès à leur actif.
Restructuration et industrie de la VR : Dragon Grove, prochain rendez-vous du studio
Malgré la saignée, Schell Games n’a pas renoncé à ses projets en cours. Le studio a récemment dévoilé Dragon Grove, un jeu de jardinage en réalité mixte, attendu au printemps 2027.

Ce titre cible les casques Meta Quest 3 et Quest 3S, ainsi que les Meta VR Glasses. Le studio n’a pas communiqué de prix ni de date de sortie plus précise que la saison annoncée, et l’impact des départs sur le calendrier de développement n’a pas été commenté.